La neurogenèse

Jusqu’aux dernières années du 20ème siècle, les neurologues considéraient encore que le cerveau humain cessait de fabriquer de nouveaux neurones à l’âge adulte et qu’à partir de ce moment-là, on ne pouvait que constater le glissement inéluctable vers la décrépitude, étant donné que les cellules cérébrales périssaient sans jamais être régénérées. Au cours des 20 dernières années, l’accumulation d’avancées scientifiques dans le domaine a mis à jour une réalité très différente : la décadence cognitive n’est pas inévitable, et le cerveau peut se renouveler à n’importe quel âge. Découvrez des techniques pour favoriser la neurogenèse lors du 2ème congrès européen de psychologie énergétique.

Le cerveau fabrique de nouveaux neurones tout au long de la vie

Au cours des dernières années, la communauté scientifique est parvenue à établir que le cerveau est plus adaptable et souple qu’on ne le pensait, grâce à la production de nouveaux neurones dans deux régions du cerveau : l’hippocampe, région clé du cerveau pour l’apprentissage, la mémoire, l’humeur et les émotions, et, dans une moindre mesure, le striatum. Selon Jonas Frisén du Karolinska Institutet, chez l’adulte, l’hippocampe produit en moyenne 700 nouveaux neurones par jour. Si ce chiffre peut paraître quelque peu insignifiant au regard des quelques milliards de neurones dans notre cerveau, il convient de souligner qu’arrivés à l’âge de 50 ans, tous les neurones avec lesquels nous sommes nés auront été remplacés par de nouveaux neurones ! C’est ce qu’on appelle la neurogenèse. Bien que ce processus ralentisse avec l’âge, il subsiste tout au long de la vie.

Le ralentissement de la neurogenèse

Ce ralentissement n’est d’ailleurs pas une force immuable. En effet, on sait désormais qu’il est en partie influencé par des facteurs environnementaux. Dans une étude sur le rôle de l’exercice physique sur la neurogenèse chez la souris, par exemple, Rusty Gage du Salk Institute a trouvé une différence notoire entre la production de nouveaux neurones chez des souris qui avaient une roue de course dans leur cage et chez celles qui n’en avaient pas. De nombreuses autres études ont mis à jour l’influence d’un vaste éventail de facteurs environnementaux, dont le stress, l’alimentation, le sommeil, et la sexualité.

De même que ces études ont mis en évidence le rôle de l’environnement dans l’augmentation ou la réduction de la neurogenèse, ce domaine de recherche a également montré que la suppression de la neurogenèse est étroitement liée à un certain nombre de troubles et maladies dégénératives : maladie d’Alzheimer, schizophrénie, dépression clinique, angoisse…  Si les mécanismes précis de cette interaction ne sont pas encore tous connus, il est clair que la neurogenèse en elle-même joue donc un rôle important dans l’amélioration de l’état de santé des personnes souffrant de ces conditions.

La persistance de la neurogenèse à l’âge adulte et notre capacité à influer sur ce processus offrent de nouvelles perspectives quant à nos capacités de développement personnel et d’auto-guérison. Adopter des pratiques ou un mode de vie favorisant la production de neurones dans l’hippocampe contribue à un système immunitaire plus fort, une plus grande vitalité, et un système cognitif plus performant. On voit aisément comment les découvertes scientifiques des dernières décennies sur la neurogenèse contribuent d’avantage au corpus de ces nouvelles connaissances qui, au même titre que l’épigénétique, remettent progressivement en question l’idée du déterminisme génétique et mettent à jour un nouveau pan du rôle de l’environnement et donc de notre propre influence sur la santé de notre corps et de notre esprit.

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